Voler en parapente

Qu'est-ce que le parapente ?

Voler est un vieux rêve pour l'homme.
Parmi toutes les machines inventées pour satisfaire ce rêve, le parapente est peut-être celle qui est la plus simple (et la moins encombrante) à mettre en oeuvre : un peu de tissu, quelques suspentes, une "sellette" (un harnais), le tout plié dans un sac à dos et vous pouvez décoller de presque n'importe quelle pente accueillante et atterrir de même.

Un peu d'histoire...

Le parapente fit son apparition dans le monde du vol libre dans la seconde moitié des années 70, lorsque l'alpiniste Andrea Khun commença à l'utiliser pour descendre des sommets après en avoir conquis la cime. Ces expériences, bien que très suggestives et très spectaculaires, restèrent des faits isolés jusqu'à ce que, en 1978, les parachutistes du para-club d'Annemasse, en Haute-Savoie, décidèrent d'utiliser le parachute à caissons pour le décollage à pied sur pente, afin d'éviter le recours à l'avion. Les premiers à effectuer ce genre de décollage furent Jean-Claude Bétemps et Gérard Bosson qui, le 27 juin, à Mieussy, se lancèrent en exploitant les forts courants ascensionnels de la falaise. Cette activité de "parachute de pente" restera quelques temps confidentielle, puis se développa vraiment avec l'évolution des ailes pour devenir le parapente vers le milieu des années 80. Elle sera intégrée en 1985 à la fédération française de vol libre (F.F.V.L.) créée en 1974 pour le deltaplane.

Bien que le parapente soit dérivé du parachute à caissons, et pour rectifier un abus de language assez commun, on ne "saute" pas en parapente, on vole : il ne s'agit pas d'une chute contrôlée, mais bien de vol plané, comme un planeur.


Avec les performances des ailes aujourd'hui, la pratique du parapente s'est diversifiée. Il est possible de :
voler "en local " d'un site connu, avec un décollage et atterrissage "officiels".
décoller d'un site, et en exploitant les ascendances thermiques (comme un planeur), de partir en "cross" pour parcourir une distance plus ou moins grande. Dans les Alpes, les vols de plus de 100 Km sont aujourd'hui assez fréquents. Le record de distance dans les Alpes est d'environ 270 km, de Gresse en Vercors au col de la Fürka en Suisse, en passant par Chamonix. (En 1997, par 8 pilotes de l'équipe de France de parapente)
décoller en moyenne montagne, après une randonnée, ce qui permet d'éviter la descente à pied. Mais, il faut parter le sac...
voler de sommets en haute montagne, comme par exemple du Mont Blanc.
faire du vol treuillé en plaine, ou voler sur les falaises en bord de mer...


Recommandations

Malgré son apparente simplicité, la pratique du parapente nécessite l'acquisition de connaissances variées, principalement dans trois domaines :
Les techniques de pilotage. Autant la gestuelle de base (décolage, atterrissage) est simple et rapide à acquérir (quelques jours suffisent) autant la maîtrise du geste juste dans certaines situations demande une grande expérience et de nombreux vols.
La connaissance de l'air. l'air dans laquel évolue le parapentiste est un milieu très complexe et sans cesse changeant. Il renferme de nombreux pièges que le parapentiste doit apprendre à éviter. Il faut plusieurs années pour bien intégrer les données de base et la vie entière pour chercher à comprendre toujours mieux les phénomènes aérologiques et météorologiques.
La connaissance de soi-même. Le parapentiste est seul maître à bord : il est responsable de ses choix et de ses décisions. Le plus difficile, lorsque les conditions aérologiques sont fortes,par exemple, est de réussir à faire la part entre son envie de voler et la capacité à juger de ses limites et à les accepter. Comme toute activité liée aux éléments, le parapente demande une certaine humilité et la sagesse de savoir parfois renoncer.

La formation

Le parapente demande une bonne formation.
Un passage par une école professionnelle de parapente est désormais considéré comme indispensable. Lors d'un stage d'initiation, les deux premiers jours sont en général consacré à faire des exercices de gonflage et de contrôle de voile sur une pente école. Puis, après éventuellement un vol biplace avec un moniteur, les trois jours suivants permettent d'effectuer les premiers grand vols, guidé en radio, avec un moniteur au décollage et un moniteur à l'atterrissage. A l'issue d'un stage d'initiation, l'élève a commencé à acquérir la gestuelle de base du parapente mais ne doit pas pour autant se considérer comme étant autonome. Une bonne progression consiste à effectuer d'autres stages (de perfectionnement) ou alors à acheter une voile et une radio et à voler dans le cadre d'un club de parapente, encadré par des pilotes plus expérimentés, en évitant de voler dans des conditions aérologiques trop fortes au début.